Lorsqu'il s'agit de choisir des vêtements, il est important de bien connaître les différents types de tissus disponibles sur le marché. Parmi ces tissus, la viscose occupe une place de choix en raison de ses caractéristiques uniques. Toutefois, peu de personnes comprennent exactement ce qu'est la viscose et quels sont ses avantages et inconvénients. Cet article vise donc à répondre à toutes vos questions concernant cette matière fascinante.


Tout d'abord, il convient de préciser que la viscose n'est pas une fibre naturelle, contrairement au coton ou à la soie par exemple. Elle appartient à la catégorie des fibres artificielles, qui sont fabriquées à partir de matériaux naturels transformés par l'homme. Concrètement, la viscose résulte d'un procédé chimique visant à dissoudre de la cellulose présente dans diverses sources végétales - principalement le bois ou le bambou - pour créer une pâte, qui sera ensuite filée en fibres textiles.
La viscose a été inventée à la fin du 19ème siècle, mais elle ne fut réellement commercialisée qu'à partir du début du 20ème siècle. Depuis lors, son succès ne s'est jamais démenti, et aujourd'hui encore, la viscose est l'une des matières textiles les plus utilisées dans le monde.
Là où la viscose se démarque des autres types de tissus, c'est par ses propriétés uniques en termes de confort, d'esthétique et d'entretien.
Le principal atout de la viscose réside dans sa texture extrêmement douce, qui la rend très agréable à porter. Cette sensation de douceur est due à la structure moléculaire particulière de cette fibre, qui lui confère des propriétés similaires à celles de la soie ou du coton. De plus, la viscose possède une excellente capacité d'absorption de l'humidité, ce qui permet d'évacuer rapidement la transpiration et garantit un confort optimal même lors des températures élevées.
Autre avantage de la viscose : elle offre une bonne tenue et présente un aspect souvent brillant, imitant ainsi l'aspect luxueux de la soie. Elle est par conséquent idéale pour la confection de vêtements élégants et raffinés. Par ailleurs, la viscose a tendance à moins froisser que le coton, ce qui simplifie son entretien et assure un rendu toujours impeccable.
Les vêtements en viscose ont l'avantage d'être faciles d'entretien : ils peuvent généralement être lavés en machine, sans risque de déformation ou de rétrécissement. De plus, la viscose est une fibre solide et résistante, ce qui garantit une bonne durabilité des vêtements confectionnés avec cette matière.
L'un des principaux arguments en faveur de l'utilisation de la viscose comme matière textile concerne son impact écologique. En effet, la viscose provient de sources renouvelables (le bois, le bambou…), ce qui en fait a priori une alternative intéressante aux fibres synthétiques issues du pétrole comme le polyester.
Cependant, il convient de nuancer cette affirmation en précisant que tous les types de viscose ne se valent pas sur le plan environnemental. Il existe en effet divers procédés de production pour obtenir la cellulose nécessaire à la création de la viscose, et certains de ces procédés peuvent générer une importante pollution chimique. Ainsi, lorsqu'on recherche des vêtements en viscose, il est recommandé de privilégier des marques éco-responsables qui utilisent des procédés de fabrication plus respectueux de l'environnement.
Pour vous assurer que la viscose employée dans vos vêtements a bien été fabriquée de manière écologique,il est judicieux de vous orienter vers des produits certifiés Oeko-tex. Ce label garantit non seulement la qualité du textile en lui-même, mais également l'absence de substances nocives pour la santé et l'environnement lors de sa production.
Pour tirer pleinement parti des avantages offerts par la viscose, voici quelques conseils pour bien choisir vos vêtements :
Toutes nos définitions de matières, de labels et de notions sont réunies dans le lexique du made in France.
La viscose naît d’une pâte de cellulose trempée dans la soude, traitée au disulfure de carbone, puis filée dans un bain d’acide sulfurique qui régénère la cellulose sous forme de fil.
Le nom de la fibre vient d’une observation d’atelier. Lenzing, le producteur autrichien, décrit une solution « orange foncé, très visqueuse » obtenue au milieu du procédé, et c’est elle qui a baptisé la matière. Voici la suite réelle des opérations, telle que le fabricant la documente.
Le brevet fondateur date de 1892 : les chimistes britanniques Charles Frederick Cross, Edward John Bevan et Clayton Beadle déposent un procédé de dissolution de la cellulose, et la première production commerciale sort des usines Courtaulds en 1905. La chimie de base n’a pas changé depuis. C’est ce qui explique que le débat sur cette matière porte sur son procédé, pas sur sa matière première.
Aucune usine de viscose ne tourne plus en France depuis la liquidation de Cellatex, à Givet, en juillet 2000.
Cellatex, née dans les Ardennes en 1902, était la dernière entreprise française à produire de la viscose à partir de pâte de bois. Vingt ans avant sa liquidation, la filière comptait encore dix-huit usines dans le pays. Le site de Grenoble avait déjà fermé en 1989.
La production est aujourd’hui asiatique pour l’essentiel. Le chinois Sateri annonce cinq usines de fibre de viscose, le groupe indien Aditya Birla est l’autre poids lourd du secteur, et l’autrichien Lenzing fait figure d’exception européenne. Ecobalyse, l’outil d’affichage environnemental de l’État français, attribue d’ailleurs à la viscose une origine géographique par défaut « Asie, Pacifique », pays de référence la Chine. Textile Exchange chiffre la production mondiale de fibres cellulosiques artificielles à 7,9 millions de tonnes en 2023, soit 6 % du marché mondial des fibres.
Il faut en tirer la conséquence qui intéresse l’acheteur. Une marque française qui vend une robe en viscose vend un vêtement dont la fibre a été produite à l’étranger, et souvent confectionné à l’étranger aussi. Marque française et vêtement fabriqué en France sont deux choses différentes, et sur cette matière la nuance est absolue : il n’existe pas de viscose française.
La viscose est la plus agréable des trois à porter par temps chaud et la plus fragile des trois au lavage.
| Critère | Viscose | Polyester | Coton |
|---|---|---|---|
| Origine de la fibre | Cellulose de bois, transformée chimiquement | Pétrole, famille du plastique PET | Fibre végétale, filée sans transformation chimique |
| Absorption et confort par temps chaud | Très absorbante, respirante, tombé fluide | Peu absorbant, évacue la sueur vers l’extérieur | Absorbant et respirant |
| Tenue au lavage | Fragile et raide mouillée, rétrécit si l’eau est trop chaude | Stable, ne rétrécit pas | Stable après le premier lavage |
| Sèche-linge | À éviter, séchage à plat ou sur cintre | Supporté | Supporté |
| Repassage | À l’envers, basse température, tissu encore humide | Basse température | Température moyenne à élevée |
| Prix du tissu au mètre (tissus.net, septembre 2026) | 9,34 à 23,19 € | 4,49 à 11,79 € | 10,49 à 18,69 € |
| Origine géographique par défaut (Ecobalyse) | Asie, Pacifique | Asie, Pacifique | Asie, Pacifique |
| Certification biologique possible | Non, le GOTS ne couvre pas les fibres artificielles | Non, fibre synthétique | Oui, coton biologique certifié GOTS |
Un mot sur la dernière ligne, parce qu’elle surprend souvent. Le label GOTS certifie des fibres naturelles biologiques : coton, chanvre, lin, jute, laine, cachemire, mohair, alpaga, soie. La viscose n’entre dans aucune de ces catégories, donc un tissu 100 % viscose ne peut pas être « GOTS ». Une étiquette qui l’affirme mérite une vérification.
La viscose ne tient pas chaud par elle-même et fait moins transpirer qu’un synthétique, mais elle absorbe la sueur au lieu de l’évacuer, donc elle marque et sèche lentement.
Les professionnels du tissu la décrivent comme « très absorbante », « légère, respirante et agréable à porter », sans électricité statique. C’est exactement le profil d’un vêtement d’été fluide : chemise, robe, blouse.
Le revers vient de cette même absorption. Mouillée, la viscose devient raide et fragile. Une chemise fine portée par 32 degrés garde l’humidité contre la peau et met du temps à sécher, là où le lin évacue et sèche vite. Pour une journée de forte chaleur ou pour du sport, ce n’est pas la bonne matière. Pour un bureau climatisé ou une soirée d’été, elle est très bien.
Quant à la chaleur, elle dépend du tissu, pas de la fibre : un jersey épais de viscose tient chaud, un voile de viscose ne tient pas chaud du tout. La fibre n’est pas isolante en soi.
Le danger documenté du disulfure de carbone concerne les ouvriers des usines de viscose, pas les personnes qui portent le vêtement.
La fiche toxicologique de l’INRS, mise à jour en juin 2025, cite explicitement la fabrication de cellulose régénérée, viscose, rayonne et fibranne, comme premier usage industriel du disulfure de carbone. Elle liste ce que l’exposition prolongée provoque chez les salariés exposés : encéphalopathie avec fatigue, troubles de la mémoire et du sommeil, neuropathies périphériques dont la récupération est souvent nulle, rétinopathie, troubles de l’audition sur les basses fréquences.
Le volet cardiovasculaire est le plus lourd. L’INRS rapporte une surmortalité par AVC et infarctus du myocarde chez les salariés employés à la fabrication de la viscose. Une étude taïwanaise citée par la fiche mesure une prévalence d’hypertension artérielle de 43 % chez 251 salariés exposés, contre 7 % chez 226 employés administratifs non exposés. En France, la valeur limite d’exposition professionnelle contraignante est de 5 ppm sur huit heures depuis 2012, et l’intoxication au disulfure de carbone figure au tableau n° 22 des maladies professionnelles.
Toutes ces données portent sur l’air des ateliers, jamais sur le port d’un vêtement fini. Le fil sorti du bain d’acide est de la cellulose régénérée. Pour la peau, le repère utile reste la certification Oeko-Tex, qui analyse le textile fini et ses résidus chimiques, pas le procédé. Le procédé, lui, se juge au lyocell : Lenzing y dissout la cellulose dans un solvant organique, le NMMO, récupéré à environ 99,8 % en circuit fermé.
30 °C maximum, programme délicat, aucun sèche-linge et pas d’essorage en tordant le tissu : c’est la seule routine qui évite le rétrécissement.
La viscose rétrécit quand elle est lavée trop chaud. À 30 °C et avec un séchage à l’air libre, le risque baisse fortement. Le lavage à la main à l’eau froide reste l’option la plus sûre pour une pièce fluide.
Viscose, rayonne, fibranne et « bambou » désignent la même fibre, obtenue par le même procédé chimique.
« Rayonne » est le nom légal adopté en France en 1934, quand l’appellation « soie artificielle » a été interdite. « Fibranne » désigne la version en fibres courtes retordues. Le terme anglais « rayon » recouvre la même matière, ce qui explique qu’il apparaisse sur des étiquettes importées.
Le cas du bambou est le piège le plus fréquent. La Federal Trade Commission américaine est explicite : un textile qui n’est pas fabriqué directement à partir de la fibre de bambou doit être étiqueté sous le nom générique de la fibre, « rayonne », ou « rayonne fabriquée à partir de bambou ». Elle ajoute qu’il ne reste « aucune trace de la plante d’origine dans le produit fini ». Un tee-shirt vendu comme « 100 % bambou » et doux comme de la soie est une viscose, avec la même chimie et la même usine.
Les autres définitions de matières et de labels sont regroupées dans notre lexique des matières textiles.
Au mètre, la viscose se situe entre 9 et 23 € chez un détaillant de tissus, soit au-dessus du polyester et au niveau du coton.
Relevé sur tissus.net en septembre 2026, sur 757 références de viscose : 9,34 € le mètre pour un jersey de viscose uni, 10,79 € pour une viscose ECOVERO, 14,19 € pour un mélange lin et viscose lavé, 23,19 € pour un satin de viscose imprimé. Le polyester du même site démarre à 4,49 € et le coton à 10,49 €.
Sur un vêtement fini, la fibre pèse peu dans le prix affiché, très loin derrière la confection et la marge. Une viscose bon marché signale donc rarement une matière économique, plutôt une chaîne de production courte en coûts sociaux.
Non. Sa matière première est végétale, la cellulose du bois, mais elle est dissoute par la soude puis par le disulfure de carbone avant d’être refilée. On la classe donc en fibre artificielle, à part des fibres naturelles comme le coton et des fibres synthétiques comme le polyester.
Moins qu’un synthétique, car elle est très absorbante et respirante. En revanche elle retient l’humidité au lieu de l’évacuer, donc elle marque plus vite et sèche lentement. Pour une forte chaleur ou une activité physique, le lin ou le coton restent plus confortables.
Oui, si elle est lavée trop chaud. La fibre devient fragile une fois mouillée. En restant à 30 degrés maximum, en programme délicat, sans sèche-linge et sans essorage en tordant le tissu, le risque de rétrécissement baisse fortement.
La viscose pour le confort et le tombé d’une pièce d’été portée à même la peau. Le polyester pour un vêtement qui doit encaisser les lavages, sécher vite et ne pas se déformer. Le polyester relâche des microfibres plastiques, la viscose repose sur une chimie lourde en usine.
La plante pousse vite, mais le procédé reste celui de la viscose classique, avec les mêmes produits chimiques. La Federal Trade Commission impose d’ailleurs de l’étiqueter rayonne, pas bambou. Le lyocell, dont le solvant est récupéré à près de 99,8 pour cent en circuit fermé, est le meilleur compromis parmi les fibres cellulosiques.
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